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- Officiers et anciens élèves -

 


Alfred Louis Marie RICHARD

(1881 - 1942)

 

 

 

Né le 25 janvier 1881 à BREST (Finistère) - Décédé le 21 septembre 1942 à PLOUNEVEZ LOCHRIST (Finistère)


Entre dans la Marine en 1898

Aspirant le 5 octobre 1901; port BREST.

Au 1er janvier 1902, sur le cuirassé "FORMIDABLE", Escadre du Nord (Cdt Louis LORMIER).

Au 1er janvier 1903, sur le cuirassé "MASSÉNA", Escadre du Nord (Cdt Louis LORMIER,).

Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1903.

Au 1er janvier 1904, port BREST.

Au 1er janvier 1906, sur le croiseur "D'ASSAS", Escadre d' Extrême-Orient (Cdt Théophile ALLAIRE).

Au 1er janvier 1908, Officier en instruction à l'École des Officiers canonniers de TOULON.

Officier breveté Canonnier.

Au 1er janvier 1911, Second d'une escouade d'apprentis canonniers sur le "TOURVILLE", École de canonnage (Cdt Eugène BARTHES).

Au 1er janvier 1909, sur le croiseur cuirassé "AMIRAL-AUBE", Escadre du Nord (Cdt Elie SERRES).

Lieutenant de vaisseau le 15 juin 1911.

Au 1er janvier 1912, port BREST.

Au 1er janvier 1914 (nomination du 1er octobre 1913), Commandant le sous-marin "THERMIDOR", 1ère Escadrille de la 2ème Escadre légère basée à CHERBOURG.

Chevalier de la Légion d'Honneur.

De juillet 1917 à Mai 1919, Commandant le torpilleur "BOUCLIER". Il est cité à l'ordre de l'Armée navale en mai 1918 : " Commandant le BOUCLIER. Dans une action de nuit, le 21 mars 1918 a, malgré une avarie de barre, réussi à maintenir son bâtiment au fort de l'engagement.".

 

Citation du Bouclier / Téléchargement PDF

 

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Affaire du 8 décembre 1917
 
Le BOUCLIER était alors commandé par le Lieutenant de Vaisseau RICHARD.
 
Le BOUCLIER avait appareillé de Dieppe le 8 décembre 1917 à la marée du soir, avec l’intention de rallier Dunkerque directement.
 
Extraits du Rapport du Lieutenant de Vaisseau RICHARD, commandant le BOUCLIER
 
A 18h50, nous étions à 7 milles dans le S.87 W. du feu d’Alprech. Je me tenais à bâbord de la passerelle supérieure, veillant de ce bord qui me paraissait le plus propice à la rencontre des sous-marins, tribord étant plus près des filets de la flottille que les sous marins doivent craindre et éviter. Le second-maître de timonerie LE MEUT (Henry, 6835 Auray) qui veillait à tribord me cria : « Un sous-marin à ¼ par tribord ! ». Je me précipitai à tribord en criant : « Où ? ». Il me montra un kiosque assez visible, faisant un sillage très apparent et tout proche – 40 mètres peut-être – route à contre-bord. Je commandai aussitôt : « A droite 25 ! Paré aux grenades ! ». Les klaxons, la sonnerie d’attention des grenades sont actionnés. Le kiosque du sous-marin acheva de disparaître à peu près par le travers de ma passerelle et j’estime que mon étrave n’a pas dû passer à plus de 60 mètres derrière ce kiosque ! Le sous-marin plongeait rapidement : j’entendis nettement, malgré le ronflement de mes ventilateurs, le sifflement caractéristique que fait l’air en sortant des ballasts lors d’une plongée rapide.
 
Le kiosque ne fut visible que quelques secondes ; pas le temps matériel de tirer un coup de canon pointé ou de lancer une torpille. Le sillage lui-même fut brouillé immédiatement par ma lame d’étrave.
 
Je n’avais d’autre arme à ma disposition que les grenades…
 
Voici comment l’on procédait pour lancer les grenades. J’ai, sur la passerelle de combat, un commutateur de chaque bord qui actionne une grosse sonnerie située à l’AR, près des grenades. Un coup long veut dire « Attention », chaque coup bref ensuite ordonne de lancer une grenade. Ces coups brefs sont doublés pour plus de sûreté de coups de sifflet à bouche et, au besoin, de coups de sifflet à vapeur.
 
Dès que je m’estimai en position de lancement, j’actionnai cloche et sifflet, mais je ne vis aucune gerbe, je n’entendis aucune explosion. Je criai dans mon mégaphone : « Lancez les grenades », puis je recommençai à siffler et à sonner : rien.
 
J’envoyai l’Enseigne de Vaisseau de 2ème classe MONTAGNE, qui était à mes côtés sur la passerelle, voir ce qui se passait derrière, avec ordre de faire immédiatement lancer toutes les grenades, une par une, à 5 secondes d’intervalle.
 
Pendant ce temps, je tournais autour du point où je présumais qu’était le sous-marin. Enfin, je vis une gerbe et j’entendis une explosion. Si le sous-marin a continué sa route au S.40 W., cette grenade n’a pas dû éclater loin de lui.
 
Puis, plus rien encore. Cinq secondes s’écoulent, puis cinq secondes…rien ! Vingt secondes environ après la première explosion (celle de la grenade qui a bien fonctionné), il y eut à l’arrière une violente explosion avec projection de flammes. Je pensai d’abord que nous avions reçu une torpille, mais la vitesse se maintenant et la barre fonctionnant bien, je compris presque immédiatement que c’était une grenade qui avait dû éclater en tombant à l’eau.
 
Puis, plus rien encore.
 
Quelques secondes plus tard, un homme accourt sur la passerelle qui me dit : « L’officier en second est blessé, tous ceux de l’arrière sont tués ou blessés ! ». Je lui dis : « Prends les hommes des 65 avant et va lancer tout de suite les grenades qui nous restent. Après, tu feras venir l’infirmier ». Il me répondit : « Il y a eu une explosion derrière ; il n’y a plus de pont à l’arrière, on ne peut plus jeter de grenades. Je crois d’ailleurs qu’il n’y en a plus ! ».
 
Je laisse un instant la manœuvre à l’Enseigne de Vaisseau de 2ème classe LE BRET, après lui avoir recommandé de foncer sur le sous-marin s’il le revoit, de l’attaquer d’abord à la torpille si possible, ensuite au canon. Et je me rends à l’arrière pour constater les avaries et voir si nous sommes en état de continuer la chasse.
 
Je trouvai à l’AR le mécanicien principal COURDURIER qui venait de s’assurer que la drosse était claire, que nous n’avions pas de voie d’eau sérieuse et que d’ailleurs l’éjecteur fonctionnait bien. Il me dit que les Enseignes de Vaisseau de 2ème classe KERVRAN et MONTAGNE avaient été tués, que l’Officier en second – Enseigne de Vaisseau de 1ère classe VERON – grièvement blessé – était tombé sans connaissance au milieu du pont, comme il se rendait sur la passerelle pour me rendre compte de l’accident.
 
Je le priai de s’occuper des blessés avec les infirmiers. J’avais heureusement deux infirmiers, dont un en subsistance.
 
Puis, je revins sur la passerelle. Je donnai ordre à M. LE BRET d’envoyer les signaux S.M. et A.L.L.O. Une fusée rouge avait été déjà lancée. Et bien que vos ordres fussent de rallier Dunkerque directement, je jugeai nécessaire sous réserve de vous rendre compte par T.S.F., de rester croiser sur les lieux jusqu’au jour : quelques minimes fussent les chances que cette unique grenade ayant bien fonctionné ait atteint le sous-marin, j’estimai ne pas devoir perdre ces chances, et je m’établis en croisière entre Alprech et le Vergoyer.
 
Dès que M. LE BRET m’eût rendu compte que les signaux S.M. et A.L.L.O. avaient été expédiés, je le priai de chiffrer le radio suivant : « Par suite explosion prématurée grenade, plusieurs tués, blessés. Je reste croiser entre Alprech et le Vergoyer ».
 
Boulogne demanda la répétition de ce télégramme. En sorte que ce n’est qu’à 21h20 que je repassai à Boulogne ce même radio.
 
A 21h45, je recevais de Calais le radio suivant : « Vice-amiral Z.A.N. demande que vous signaliez votre position ». Je faisais chiffrer la réponse « 22 heures un mille Ouest bouée Ouest Vergoyer route Alprech », lorsque je reçus de Boulogne à 22h05 : « Allez immédiatement mouiller Boulogne ». Je demandai alors l’entrée à Boulogne pour 23 heures, et trois voitures d’ambulances.
 
En rentrant dans les jetées de Boulogne, la barre qui jusque là avait bien fonctionné, se bloque 15 à gauche, un instant. Je marchais très doucement, me méfiant de cela. Je pus me redresser en manœuvrant les machines. Mais, n’étant plus sûr de ma barre, ne pouvant manœuvrer que très difficilement les amarres de l’arrière, la manœuvre d’accostage fut lente et ce n’est qu’à 23h40 que je fus amarré le long de l’IBIS.
 
J’y trouvai le Commandant de la Marine, Chef de Division des Flottilles de la Manche orientale et deux médecins qui firent toute diligence pour faire conduire à l’hôpital Saint-Louis les blessés et les morts.
 
Aussitôt amarré à Boulogne, je fis procéder à un appel de l’équipage qui confirma un appel provisoire que j’avais fait faire aux postes de combat, aussitôt après l’accident.

Tués : 6
Disparu : 1
Blessés : 6  
 
Une commission d’enquête, nommée par le Chef de Division des Flottilles de la Manche orientale, a été chargée de rechercher les causes de l’accident.
 
De mon côté, j’ai recueilli les témoignages des survivants. D’après ces témoignages, voici ce qui a dû se passer.
 
Dès que l’ordre fut donné de lancer les grenades, M. KERVRAN, dont c’était le poste, et M. VERON, qui était accouru, firent lancer coup sur coup les deux grenades C.M. (réglées pour 15 mètres) qui étaient sur leurs bancs. Aucune d’elles n’éclata. M. KERVRAN enlevait lui-même la sangle de la grenade Artillerie de 75 kilos et ne pouvait y parvenir. Pourquoi ? Je ne sais ; quelques heures plus tôt, à Dieppe, le fonctionnement avait été vérifié.
 
Pendant ce temps, le matelot torpilleur HAILAUD saisissait à plein bras une des grenades C.M. de tribord et la jetait à l’eau sans utiliser le banc de lancement. Cette grenade est la seule qui ait bien fonctionné (15 mètres).
 
Une autre grenade C.M. placée sur le banc de lancement à tribord fut jetée à l’eau et n’éclata pas. Les trois grenades de tribord avaient été lancées : une seule a fonctionné.
 
M. KERVRAN continuait à essayer de lancer la grenade de 75 kilos.
 
A ce moment, le second-maître RIOU ou le quartier-maître LEROY (HAILAUD est le seul blessé qui ait bien vu la chose et il n’a pas pu distinguer si c’était RIOU ou LEROY) plaça une grenade sur le banc de lancement de bâbord qui avait été préalablement remis à la position horizontale. RIOU – ou LEROY – voulut alors faire basculer le banc : le banc ne bascula pas, mais le flotteur partit à l’eau et la grenade resta prise sur le banc (coincée peut-être en biais ?). Je marchais 21 nœuds, l’explosion fut presque immédiate, pas tellement cependant que M. KERVRAN, qui était tout proche, n’ait eu le temps de s’apercevoir du danger et de sauter près du banc pour le faire basculer…
 
Les avaries du bâtiment ne l’empêchent aucunement de naviguer : le pont est entièrement défoncé à tribord arrière et nous faisons un peu d’eau par un trou sous la flottaison dans le coqueron. La mèche du gouvernail n’a pas été atteinte et son manchon est encore très suffisamment fixé à bâbord, à l’AV et à l’AR pour qu’il n’y ait rien à craindre de ce côté…
 
Je vous adresserai ultérieurement des propositions de récompense en faveur d’un personnel dont j’ai eu qu’à me louer, tant pour l’acharnement qu’il a montré contre l’ennemi que pour l’élévation de sentiments dont il a fait preuve dans un si pénible accident.  
Signé : RICHARD
 
Source : livre d'or de la Marine française - guerre 14/18
 

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Capitaine de corvette le 22 novembre 1918.

Croix de Guerre.

Capitaine de frégate le 25 septembre 1920.

Officier de la Légion d'Honneur.

Au 1er janvier 1921, port BREST.

Capitaine de vaisseau le 9 novembre 1926.

Au 1er janvier 1932, port CHERBOURG.

 

1934

 

 

Extrait Ouest-France / 5 décembre 1935

 

Extrait Ouest-France / 21 février 1938

 

 

 

Remerciements Anne des Déserts

Remerciements PDF / Bernard Dulou

Remerciements à Gilles Jogerst / Généamar pour ses recherches et la mise à disposition de ses données

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