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- Officiers et anciens élèves -

 

 

 André Jean TRINITÉ-SCHILLEMANS

(1889 - 1917)

 

Extrait photo de mariage

Remerciements photo / Bernard Trinite-Schillemans

 

Né le 29 novembre 1890 à MÉRIGNAC (Gironde) - Décédé le 25 juin 1917 en mer Manche, au large du Cap de La HAGUE.


Entre dans la Marine en 1908, inscrit sous le nom de jeune fille de sa mère "Ferrand"

Aspirant le 5 octobre 1911

6ème Poste

Extrait album campagne Duguay Trouin / 1910-1911

Remerciements Philippe Fournié

 

 

Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1913; port BREST.

Officier de manœuvre puis Officier canonnier sur le "FOURCHE" en armée navale.

En mars 1914, en Adriatique sur le "BOUCLIER", dont il est Second en 1916.

 

Remerciements photo / Bernard Trinite-Schillemans

 

Le 25 juin 1917, chef de la 3ème équipe spéciale sur le bateau piège "NORMANDY", goélette de 3 mâts (armée en cargo piège), il est tué au cours d'un combat contre un sous-marin allemand.

 

 

Extrait Cols Bleus / 26 juin 1954

 

Extrait Cols Bleus / 19 décembre 1964

 

 

Extraits des rapports officiels
 
Le 25 juin 1917, à 19h05, le NORMANDY se trouvait par 50°13’ nord et 2°05’ ouest, se rendant du Havre à Swansea.
 
Vers 19h05, déclare le Capitaine THOUMIRE, nous entendîmes des coups de canon. Nous montâmes sur le pont, l’Enseigne de Vaisseau SCHILLEMANS, chef de mission et moi. Quelques coups de canon passaient dans la mâture ou au-dessus. Le sous-marin qui apparaissait comme un point à environ 5 milles dans le S.S.O. se dirigeait vers nous en continuant à tirer.
 
Conformément à ce qui avait été convenu entre nous, nous mîmes deux embarcations à la mer avec l’équipage du navire (marins du Commerce). Après avoir fait l’appel S.O.S., le télégraphiste fut mis dans une des embarcations à environ 300 mètres par le travers tribord ainsi qu’il en avait reçu l’ordre. La barre amarrée dessous le vent maintenait le navire en ralingue et permettait au besoin de mettre un peu de vent dans les voiles en choquant doucement les écoutes de misaine et des focs, ce que j’ai dû faire à certain moment pour maintenir mes embarcations par le travers.
 
Je restai à bord avec M. SCHILLEMANS et les 12 hommes de la mission armant les pièces.
 
Le sous-marin voyant les embarcations à la mer cessait de tirer. Il avait tiré 15 coups environ et s’immergeant montrait seulement son périscope et faisait le tour du bord, se montrant très circonspect et très méfiant. Les embarcations sont toujours à 500 mètres par tribord, à peu près par le travers, se maintenant en nageant.
 
Vers 8h45, c'est-à-dire au bout d’une heure environ, le sous-marin se décida à émerger et se dirigea vers les embarcations en les appelant. Puis tout à coup, se dirigeant vers le bord, tira un coup de canon qui nous atteignit dans la misaine et dans le gréement. Puis aussitôt un autre coup qui nous atteignit dans les pavois un peu sur l’AR de l’écubier d’embossage tribord avant. Ce coup de canon nous fit des avaries assez sérieuses et tua M. SCHILLEMANS qui fut frappé à la tête et au ventre et le quartier-maître de timonerie PANCREACH Jean qui étaient tous deux placés près de l’écubier par où ils observaient le sous-marin qui s’était rapproché d’environ 100 mètres.
 
C’est alors, déclare le quartier-maître canonnier LE BERRE, que le NORMANDY a riposté sur l’ordre du Lieutenant SCHILLEMANS qui fut tué aussitôt.
 
A la mort de SCHILLEMANS, le Capitaine THOUMIRE prit la direction du tir. Les deux pièces de tribord, celle de l’AR d’abord, puis celle de l’AV ensuite, commencèrent le feu à volonté. Au premier coup long de la pièce de l’AR dont la hausse était à 500 mètres, les hausses furent mises à 400 mètres. 19 coups de canon furent tirés dont 13 à la pièce AR et 6 à la pièce AV.
 
Dès les 3 ou 4 premiers coups de la pièce AR un nuage de fumée noire sortait du blockhaus du sous-marin qui s’enfonça par l’AV sous un angle de 40° environ. Il reste dans cette position un temps appréciable, le gouvernail et l’hélice hors de l’eau. Enfin, 3 minutes après environ, il coulait toujours l’AV le premier et nous ne l’avons plus revu. La partie AR du sous-marin était littéralement couverte d’obus. Les hommes des embarcations qui continuaient à se maintenir à la hauteur du navire, tout en s’écartant, ont déclaré qu’ils avaient vu le sous-marin prendre une certaine inclinaison sur un bord tout en appiquant de l’AV.
 
Ne voyant plus rien, dit le Capitaine THOUMIRE, je rappelai les embarcations qui accostèrent vers 21h40. Les embarcations rentrées, je fis route sur Cherbourg au sud 15 Est vrai.
 
A ce moment, vers 9h45, nous aperçûmes un second sous-marin à environ 5 milles dans l’ouest nord ouest, courant sur nous. Je fis faire le signal S.O.S. : il était 9h50. Nous marchions environ 7 nœuds. Les armements furent remis aux pièces et nous nous préparions à le recevoir, tout en continuant notre route et en réparant nos avaries de gréement. Au bout d’une demi-heure environ, le sous-marin s’écartait de nous et nous le perdîmes de vue.
 
Je fis transporter nos morts sur le roof arrière, recouverts du pavillon national, et hissai les couleurs en berne.
 
Je continuai ma route sur Cherbourg où je mouillai sur rade à 3h50 du matin, le 26 juin.
 
Le NORMANDY était monté par 12 hommes d’équipage, capitaine compris, et par 13 hommes de la mission spéciale, soit 25 hommes en tout.
 
La conduite de chacun a été digne de tout éloge. Celle de M. SCHILLEMANS, en particulier, fut admirable ainsi que celle du second qui a conduit les embarcations avec un sang-froid remarquable.
 
Je dois signaler également la conduite pleine de sang-froid et de bravoure des quartiers-maîtres canonniers chefs de pièce LE BERRE Auguste et SALOU Auguste, ainsi que celle des armements des pièces et des embarcations.
 
Tout le monde a fait bravement son devoir.
 
Le Capitaine THOUMIRE, qui avait déjà été attaqué à peu près dans les mêmes parages sur le voilier BAYONNE qu’il commandait et qui fut coulé en février dernier, a eu le mérite après s’être concerté avec M. l’Enseigne de Vaisseau SCHILLEMANS sur les dispositions à prendre en cas d’attaque, de mener celle-ci à bien, secondé par son second M. DESPRES qui était déjà sous ses ordres sur le BAYONNE.
 
La mort étant venue frapper M. TRINITE SCHILLEMANS, il a conduit la manœuvre comme il avait été convenu, s’en est tiré à son honneur et mérite les plus grands éloges.
 

 

Cité à l'Ordre de l'Armée navale : "A fait preuve des plus belles qualités militaires au cours d'un combat contre un sous-marin et a su obtenir de son équipage un rendement exceptionnel. Mort pour la France."

Dernier domicile à TOULON.

Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume.

 

M.P.F.

 

 

 

 

 

 

 

 

Remerciements Bernard Dulou

Remerciements Stéphane Giran

Remerciements complément et photos / Bernard Trinite-Schillemans

Remerciements à Gilles Jogerst / Généamar pour ses recherches et la mise à disposition de ses données

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