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Officiers et anciens élèves -
Charles Jules THANARON
(1809 - 1885)
Né le 7 'juillet 1809 à TOULON (Var) - Décédé le 21 mai 1885 à
TOULON (Var)
Entre dans la marine en 1824, au
collège royal
Elève de 2e cl. 20
septembre 1826
Elève de 1er cl.
1er septembre 1828
Enseigne de vaisseau,
31 décembre 1830
Lieutenant de vaisseau,
10 avril 1837
Capitaine de frégate,
21 octobre 1850
Charles Thanaron est né dans une
famille de marins.
Son père est lui-même
capitaine de vaisseau. Il a été mis en retraite d'office en 1816,
par Louis XVIII lors de son retour de Gand. .
Ami du vice-amiral de
Mackau, futur ministre de la Marine-, il pensait pouvoir en attendre
une bienveillante protection pour la carrière maritime de son fils.
Les deux traits
dominants de son caractère ne sont pas faits pour le conduire à
s'entendre avec Dumont d'Urville. Il possède un humour féroce et
souvent caustique allié à une forte tendance à se laisser vivre au
gré des événements.
Toulonnais et fils
d'officier supérieur, il a son avenir tout tracé : il sera marin.
En 1824, à 15 ans il
entre au Collège naval d’Angoulême où il ne tarde pas à se faire
remarquer par son esprit, comme en témoignent les nombreux rapports
dont il est l'objet.
Déjà ses supérieurs
cernent assez bien son, caractère : "Des moyens, de l'assurance,
causeur, dit-on de lui en 1824 ; Espiègle, mais des moyens ou bien
encore beaucoup de moyens ; un peu vif précise-t'on en 1825, avant
de compléter l'année suivante, au moment de sa sortie : travaille
avec succès quoiqu'un peu étourdi.
Reçu au concours
d'élève-officier, il embarque sur la Victorieuse dont le commandant
le présente comme ayant de l'esprit, de l'instruction, de la
vivacité, mais un peu paresseux. "Avec plus de zèle et de goût pour
la Marine, ce jeune-homme deviendra un bon officier.".
Durant les quatre
années qui suivent, il n'alterne pas moins de dix embarquements,
avec des périodes à terre à Toulon.
Il faut alors pallier
l'absence d'Ecole navale par des successions d'enseignements
pratiques et théoriques.
Promu enseigne de
vaisseau en 1830, il embarque sur le Du Couedic avec lequel il
participe à la campagne d'Algérie et où il fait connaissance de
l'enseigne de Roquemaurel futur second de l'Astrolabe.
En 1832, il embarque
sur 1'Isis dont le commandant, le lieutenant de vaisseau Guérin, le
gratifie d'un rapport dont l'humour au second degré le poursuivra
longtemps dans sa carrière : "Bon caractère, très obligeant...
commandant avec calme mais avec affectation. Plein d'esprit et de
causticité, très instruit en histoire et en littérature française et
anglaise; parlant et écrivant avec une facilité étonnante ; un peu
affecté dans ses manières et son langage. Cet officier qui est loin
d'afficher un goût prononcé pour la Marine est fait pour briller
dans les salons par sa facilité d'élocution et ses connaissances. Le
malheur veut qu'après quelques mois passés sur 1'Emulation où il est
bien noté, il soit à nouveau affecté sur 1'Isis que commande
toujours Guérin. Les relations entre les deux hommes ne s'améliorent
pas. Un rapport daté de 1835 vient s'ajouter au précédent, du même
genre : "Caractère inconstant et très léger, très bonne conduite,
beaucoup de subordination, commandant la manœuvre avec assez de
précision en temps ordinaire, s'occupant peu de la partie théorique
du métier. Cet officier est peu propre à être chargé du détail d'un
bâtiment (1). Il se fait aimer de l’éqipage1.
(1) Il s'agit du nom
technique donné au commandant en second d'un navire de la Marine
royale.
En 1837 il présente sa candidature à une place dans l'expédition
Dumont d'Urville.
En dépit d'un dossier
peu favorable, il est accepté sans difficultés. Il a un tout majeur,
il est le cousin du commandant Jacquinot, qui le prend à son bord.

Grâce à son humour et à
sa culture il se trouve bien à sa place parmi l'équipe sympathique
des officiers de la Zélée.
Thanaron ne sera pas,
loin s'en faut, l'un des officiers les plus dynamiques de
l'expédition. Il n'en fait jamais plus que ce qu'on lui demande. La
chance veut qu'il soit à bord de la Zélée et que le commandant
Jacquinot, désireux de ne pas le favoriser, tout en se sentant
engagé par sa façon de servir, exige beaucoup de lui.
Thanaron est donc plus
souvent qu'à son tour dans la baleinière chargé des relevés
hydrographiques. Il accomplit son travail, forcé mais avec
compétence. Cela lui vaudra d'être décoré de la Légion d'Honneur au
retour de l'expédition.
Chevalier de la Légion
d'honneur, le 25 janvier 1841
Pourquoi, alors.que sa
carrière s'annonçait bien, devra-t'il attendre treize ans son grade
de capitaine de frégate ?
On ne peut invoquer ici
les longs séjours à terre puisque durant ces treize années, il n'en
passa que deux au port.
Commandant en second du
vaisseau Trident en 1841, poste important et rarement occupé par un
lieutenant de vaisseau, il le restera durant 28 mois, puis le sera à
nouveau en 1844-45.
Second de la frégate à
vapeur l'Infernal, de 1846 à 1848, puis commandant du même navire à
titre provisoire, durant quatre mois. C'est un autre fait rare pour
un lieutenant de vaisseau.
En janvier 1850, il
part en Afrique et commande, encore à titre provisoire, l'aviso à
vapeur la Chimère. Enfin promu capitaine de frégate la même année,
il reçoit le commandement titulaire d'un autre aviso à vapeur le
Cerbère.
En octobre 1851, la fin
de son temps de commandement sur le Cerbère coïncide avec la
nomination de Jacquinot, devenu contre-amiral, à la majorité
générale de la préfecture de Toulon. Celui-ci le prend dans son
état-major personnel, poste qu'il occupera jusqu'il sa retraite en
1856.
Ce qui est surprenant
c'est qu'il ait fallu treize années à Thanaron pour être capitaine
de frégate et qu'il ait pris sa retraite à 47 ans, sans attendre une
promotion au grade de capitaine de vaisseau.
Pourtant, peu
d'officiers peuvent se vanter, en dépit d'un dossier pas toujours
flatteur, d'avoir bénéficié d'autant de rapports élogieux émanant
d'officiers généraux et réclamant sa promotion.
Nous en avons compté
onze en douze ans: le vice-amiral Hugon, membre du Conseil
d'Amirauté chargé des problèmes posés par les navires à vapeur, en
1842 et 1844 ; le vice-amiral Parseval-Deschênes, préfet maritime de
Toulon, en 1848 ; le vice-amiral Hamelin, membre du Conseil
d’Amirauté et préfet maritime de Toulon, en 1848 et 1850 ; le
contre-amiral Delassaux, major-général de Toulon en 1851 et 1852 ;
le contre-amiral Lugeol, son successeur, en 1853; le vice-amiral
Dubourdieu, préfet maritime de Toulon, en 1853 et 1854 ; le
contre-amiral Jacquinot, major-général de Toulon en 1854.
Il fallait que
l'opposition à toutes ces notes, venant du Ministère, où de sa
proximité, émana d'une personne bien puissante !

Avec
l'aimable autorisation de diffusion / Collection "Faire part" /
Lien
web
Dossier Légion
d'Honneur /
Lien web
(Erreur de la date de décès)
Source Université de Provence / Doctorat d'Histoire présenté par
Christian COUTURAUD sous la direction de M le Professeur MIEGE / "Le
Troisieme Voyage de Circumnavigation de J.S.C. Dumont d'Urville 1837
- 1840" / Avril 1986.
Remerciements Georges
Gadioux
Remerciements Stéphane
Giran
Remerciements à Gilles Jogerst / Généamar pour ses recherches
et la mise à disposition de ses données
http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Forum-Pages-d-Histoire-aviation-marine/marine-1914-1918/liste_sujet-1.htm
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