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- Officiers et anciens élèves -

 

 

Emmanuel Lucien Henri OLLIVE 

(1882 - 1950)

 

 

 

Né le 18 janvier 1882 à REZÉ (Loire-Atlantique) - Décédé le 1er juin 1950 à La SEYNE sur MER (Var).

Père de Robert Bernard Alphonse Marie, promotion 1924 et de François Bernard Gérard Marie, commissaire de marine

Marié avec Louise VINCENT, fille du capitaine de vaisseau Pierre VINCENT

 

Entre dans la Marine en 1899

Sorti de l'Ecole navale n°1, major de promotion

 

Cercle de Borda offert, précédemment offert à un autre major de promotion

Remerciements photo Bernard Ollive

 

Chronomètre Major

Remerciements photo Bernard Ollive

 

Aspirant le 5 octobre 1902.

Il embarque sur la "DAGUE" en ALGÉRIE, puis passe en 1903 sur le "MONTCALM", Division d'Extrême-Orient.

Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1904.

Pendant la guerre russo-japonaise, il commande le détachement du "KERSAINT" chargé de protéger la légation française de SÉOUL.

En 1906, sur "LA-HIRE", Escadre de Méditerranée (Cdt Alphonse BOYER).

Au 1er janvier 1908, en instruction à l'École des Officiers torpilleurs. Officier breveté Torpilleur.

Au 1er janvier 1909, sur le cuirassé "PATRIE", Escadre de Méditerranée (Cdt Charles DIDELOT).

Lieutenant de vaisseau le 19 octobre 1911.

Au 1er janvier 1912, en instruction à l'École des Officiers canonniers à TOULON.

Officier breveté Canonnier.

En 1913, sur le cuirassé "MIRABEAU". Pendant toute la Première Guerre, il sert à terre sur le front français où il commande une batterie de canonniers marins, il est cité à l'ordre der l'Armée navale en mai 1915 : "Inscrit au tableau de concours du 1er janvier 1914, s'est acquis depuis lors de nouveaux titres par la vaillance et la valeur dont il a fait preuve dans l'installation et l'utilisation de matériels violemment bombardés par l'ennemi".

Chevalier de la Légion d'Honneur, le 21 mai 1915 (rang du 18 mai 1915)

Croix de Guerre. Puis en 1917, Commandant le 2ème groupe de canonnières fluviales.

En 1918, Commandant le torpilleur "FAUCONNEAU" au Levant et à SALONIQUE.

Capitaine de corvette le 26 juillet 1919.

Officier de la Légion d'Honneur, le 1er septembre 1920 (rang du 16 juin 1920)

Le 14 août 1920, Aide de camp à l'Etat-major du Préfet maritime du 5ème arrondissement à TOULON.

Capitaine de frégate le 13 février 1922.

Second sur le "POTHUAU", Division des écoles de Méditerranée.

En 1924 Commandant le torpilleur "ALGÉRIEN" et la 2ème escadrille de torpilleurs.

En 1926, Chef du Service des transmissions radio à TOULON.

Capitaine de vaisseau le 23 juillet 1927. Sur le "PROVENCE", Chef d'Etat-major auprès de l'amiral commandant en chef la 1ère Escadre.

En 1929, Commandant le "GUEYDON". Auditeur au Centre des Hautes Études Navales en 1932.

Contre-amiral en février 1933.

 

 

Chef d'Etat-major à l'Inspection général des forces maritimes du Nord. Major général à BREST.

Commandeur de la Légion d'Honneur, le 10 juillet 1934

En mai 1935, Commandant le groupe des contre-torpilleurs de la 1ère Escadre à TOULON.

En Juillet 1936, Commandant la 3ème Escadre légère.

Vice-amiral en février 1937.

Sous-chef d'Etat-major général de la Marine. En mars 1937,

Vice-amiral d'escadre.

En 1938, Commandant en chef l'Escadre de Méditerranée.

Préfet maritime à TOULON en septembre 1938.

En mai 1939, Commandant en chef la flotte de Méditerranée, pavillon sur le "PROVENCE"; Commandant en chef les forces maritimes de l'Atlantique Sud et d'AFRIQUE.

Grand Officier de la Légion d'Honneur, le 29 décembre 1939

De juillet 1940 à octobre 1942, Préfet maritime à ALGER.

 

 

Photos de la cérémonie d’obsèques en avril 1941 à Nemours (Algérie) des 4 marins tués lors d’un échange de tirs entre la batterie côtière et une escadre anglaise le 30 mars / Le lieutenant de vaisseau Mousset, commandant de la batterie de Nemours, avait expédié à la famille Dognin des photos de la cérémonie. La famille a transmis les photos à l’association “Aux Marins” pour la rédaction de la biographie de l’enseigne de vaisseau de réserve Dognin Claude.

 

A partir de la droite on trouve :
- Contre-amiral Jarry (EN 1905), adjoint au préfet maritime de la 4ème région maritime résidant à Oran
- Capitaine de frégate Dauch (EN 1916), commandant la Marine à Nemours
- Vice amiral d’escadre Ollive (EN 1899), préfet maritime de la 4ème région maritime, résidant à Alger
- Général Pfister
- Capitaine de frégate Dupin de Saint Cyr (EN 1919)
- Lieutenant de vaisseau Mousset (EN 1928), commandant la batterie mobile de 155 mm de Nemours.

 

Amiral en novembre 1940.

Il quittera le service actif en janvier 1943.

 

Extrait Cols Bleus / 21 juillet 1950

 

Dossier Légion d'Honneur / Lien web

 

Autres informations / Résumé

Fiche réalisée par son petit-fils, Michel PAQUET (décédé en 2005)

 

Mon grand-père maternel Emmanuel OLLIVE est né à Norkiouse le 18 janvier 1882 dans la maison de sa grand-mère maternelle BARBAN. Son père, Alphonse, né à la Haute Île , était capitaine au long cours, avait fait le Cap Horn avant de faire des voyages moins longs, transport de sel jusqu’à Terre Neuve puis retour vers Nantes après avoir chargé du bois de charpente à HALIFAX, d’où son surnom « Canadien ». Après la naissance de son fils et de sa fille Hélène, il fait construire en 1884 « une maison de capitaine » place des Filets (entrée 12 rue BRUNEAU) et décide de mettre sac à terre. Jusqu’à sa retraite, il sera professeur d’hydrographie à l’Ecole de la Marine Marchande de Nantes. Sa mère, Estelle RITEAU, était la fille d’un Maître en Cabotage et de Françoise BESSAC, elle-même fille d’une DEJOIE. En 1939, le journal aujourd’hui disparu, le Phare, fit un article sur l’Amiral OLLIVE. Il est dit que le jeune Emmanuel usa ses fonds de culotte à l’école communale de Trentemoult avec les autres galopins de son age, BOJU, BOSSIS, CHAUVELON,VIAUD et son « cousin » Arthur OLLIVE, tous des futurs élèves de son père et aussi futurs capitaines, tous des descendants de ces grandes et anciennes familles de pêcheurs de la Haute Île et de Trentemoult.

Très bon élève, il continue ses études au grand lycée de Nantes et si on en juge le palmarès que le Comité de l’Histoire du lycée Clemenceau a bien voulu me communiquer, il laisse peu de prix à ses condisciples. En 1897, Il est même récompensé au niveau national par le premier prix d’anglais au Concours Général. Tout naturellement, il prépare le concours de l’Ecole Polytechnique mais passe « pour voir » le concours de l’Ecole Navale qu’il réussit du premier coup, second derrière SABLE, futur Président de la Commission d’Epuration en 1944.

 

 

 

A l’Ecole Navale, sa scolarité est fort simple, premier en toutes les matières dés le début jusqu’à la sortie de l’Ecole d’Application… D’autres condisciples de cette promotion 1899, arrivèrent aux étoiles et je n’en citerai que deux : DARLAN, futur Chef de la Marine, MUSELIER, inventeur de la Croix de Lorraine.

Major de sa promotion, le jeune Emmanuel est en droit d’obtenir un poste de choix à l’Escadre d’Extrême Orient et de Chine. Mais il préfère choisir le poste plus formateur de Chef de Quart, en fait Commandant en Second de l’aviso DAGUE en Algérie. Mais, deux mois après son arrivée, la DAGUE est désarmée… En digne descendant de ces marins connus pour ne pas aimer être embêtés et ayant horreur de l’injustice, le 30/12/1902, par voie hiérarchique, il écrit une lettre polie mais ferme pour dire qu’il a été blousé par la Marine et réclame un poste conforme à son rang de sortie. Il obtiendra rapidement satisfaction en partant sur le Kersaint en Mer de Chine. Quelques mois après son arrivé, il est appelé à prendre le commandement de la compagnie de débarquement chargé de protéger la Légation française de Séoul, poste peu ordinaire pour un jeune officier. Le jeune enseigne n’a qu’une soixantaine de marins pour assurer la sécurité de cette Légation assiégée par des soldats japonais particulièrement agressifs. Ce séjour à Séoul lui permet d’assister en spectateur privilégié à la première guerre de Corée et surtout à la guerre russo-japonaise qui sera l’avant-dernière bataille entre cuirassés et se traduira par la destruction de la flotte russe.

 

Retour en France en 1905, la vie d’escadre à Toulon, son mariage avec la fille d’un Capitaine de Vaisseau, l’Ecole des Torpilleurs, puis l’Ecole de Canonnage sur le WALDECK-ROUSSEAU, un « nantais ». Il sort premier de ces deux écoles et même avec Témoignage de Satisfaction du Ministre pour l’invention d’un appareil de tir qui restera en service jusqu’à l’arrivée de l’électronique. Arrive la grande guerre et ce qu’il a vu en Corée lui a fait comprendre que c’est la fin des grandes batailles navales. Il y en aura qu’une pendant cette guerre alors que les belligérants possédaient une soixantaine de cuirassés. Cela le pousse à partir au front sous les ordres d’un nantais, JEHENNE, commandant le Régiment de Canonniers-Marins. Il commandera ainsi une batterie d’artillerie lourde sur les fronts de Lorraine, Verdun et Argonne, puis en 1917, une flottille de canonnières fluviales. Début 1918, il part commander un torpilleur en Mer Noire jusqu’à l’Armistice où il revint à Toulon. Pas pour longtemps car en fait, au commandement du contre-torpilleur le TEMERAIRE, il part en Mer Baltique pour assurer les opérations de police dans le cadre du plébiscite du SCHLESWIG-HOLSTEIN à la demande du gouvernement danois qui a peur de troubles provoqués par les Allemands. C’est là qu’il se lie d’amitié avec le futur Amiral anglais NORTH qu’il retrouvera à GIBRALTAR en 1940.

 

 

En fin un peu de repos en 1920 comme Aide de Camp de l’Amiral Préfet maritime de Toulon, mis à part les festivités officielles qu’il doit subir malgré tout. Nommé au grade de Capitaine de Frégate début 1922, il est nommé Commandant en second du croiseur POTHUAU mais avant de le rejoindre, il doit assurer la mission la plus périlleuse de sa carrière, le réarmement du vieux transport déjà à la ferraille, la Moselle, pour assurer la rotation des fonctionnaires civils entre Marseille et Alger pendant la grande grève des inscrits maritimes. Ma mère se souvient encore que son père n’avait jamais eu aussi peur de sa vie ! Après le commandement d’une flottille de contre-torpilleurs à Brest, bien que Capitaine de Frégate, il est choisi par l’Amiral DOCTEUR comme son Chef d’Etat Major à l’Escadre de la Méditerranée.

 

Extrait Ouest-France / 27 aout 1929

 

Le 24 septembre 1929, DOCTEUR note son adjoint : « le Comandant OLLIVE a été pour moi pendant deux ans le collaborateur et l’ami le plus sur. J’ai apprécié hautement son intelligence, son tact, ses connaissances complètes mises au service d’une puissance de travail exceptionnelle. Ayant une confiance absolue dans ses qualités de marin et son jugement, je lui ai souvent délégué le commandement. Il a toutes les qualités du chef, la Marine doit le plus tôt possible l’utiliser dans les hautes fonctions ».

 

Nommé Capitaine de Vaisseau en 1929, il prend le commandement de l’Ecole d’Application de Tir à la Mer sur le croiseur-cuirassé GEYDON

 

Extrait Ouest-France / 7 décembre 1929

 

Il y a souvent de permanence à la coupé ou sur la passerelle, un jeune Enseigne de Réserve et, contrairement aux usages et au grand étonnement de l’équipage, le Commandant lui serre la main et lui parle un moment. Il s’agissait tout simplement d’Arthur-André OLLIVE, le fils de son copain et « cousin » Arthur, de Trentemoult !

 

 

 

Extrait Ouest-France / 20 avril 1930

 

Après le passage obligé au Centre des Hautes Etudes Navales, il est nommé début 1933 Contre Amiral avec le passage traditionnel dans un poste à terre.

 

Extrait Ouest-France / 24 janvier 1933

 

Ce sera la Majorité Générale à Brest.

 

Extrait Ouest-France / 9 mai 1933

 

En 1935, il prend le commandement du groupe des contre-torpilleurs de l’Escadre de la Méditerranée qui deviendra rapidement la célèbre 3ème Escadre Légère dont l’histoire, fortement romancée, a été écrite par Claude Farrère. Il a son pavillon sur le Tartu.

 

 

le « gaulois » sur la passerelle du RARTU Composée de 12 véritables coursiers des mers – 2.700 à 3.200 tonnes, 45 nœuds au minimum – c’est l’orgueil de notre Marine et l’envie des Marines étrangères, surtout anglaise. La première année, c’est le temps de la formation des équipages et la mise au point de la doctrine d’emploi. En 1936, c’est la guerre civile en Espagne, les patrouilles permanentes en raison des sous-marins prêtés et en fait armés par les Italiens. L’activité est telle que mon grand-père est obligé de demander par écrit à son chef à quelle date certaine il pourra prendre une permission afin de pouvoir assister au mariage de sa seule fille, ma mère !

En octobre 1936, son condisciple DARLAN est nommé Chef d’Etat-Major Général à/c du 1er janvier 1937. Il a le temps d’organiser son équipe, discute avec mon grand-père qui accepte non sans discuter et rechigner de devenir son adjoint comme Premier Sous-chef d’Etat Major Général. Alors que ce poste était tenu auparavant par un Contre-amiral, mon grand-père est nommé Vice- Amiral par décret présidentiel en date du 15/01/1937. Quelques jours après, par décision ministérielle, il est précisé que le V.A. OLLIVE portera les attributs des Commandants en Chef, c’est à dire quatre étoiles.

Cette nomination fait un peu scandale surtout chez les protégés du prédécesseur de DARLAN qui avait bien prévu que GENSOUL et OLLIVE seraient nommés V.A. en 1937 mais GENSOUL étant plus âgé et plus ancien dans le grade précédent devait passer le premier. Comme DARLAN a oublié de nommer GENSOUL, il se voit obligé de faire annuler les décisions puis de faire signer une nouvelle nomination par le Président LEBRUN qui porte les deux noms, GENSOUL étant cité le premier. Un raté jamais vu dans la Marine ! Comme mon grand-père ne sait plus dans quelle tenue il doit arriver à Paris, Darlan lui écrit le 27 février 1937 : « j’ai résolu ton problème vestimentaire par DM (quatre *) ». Jusque là, l’Amiral OLLIVE a toujours eu des notes extrêmement brillantes. Je citerai celle de juillet 1936 signée par l’Amiral MOUGET, C.E.C. de l’Escadre de la Méditerranée : « large culture professionnelle et générale. Méthodique, prévoyant, prudent. Excelle dans l’action méthodiquement préparée. Organisateur remarquable, a très bien commandé son groupe de C.T. dont l’excellente préparation militaire s’est affirmée au concours d’arme du mois de juillet. Officier de très grande valeur, à promouvoir en 1937 ».

 

Extrait Ouest-France / 20 janvier 1937

 

Le successeur de Mouget à l’Escadre, ABRIAL, un protégé du prédécesseur de DARLAN, qui savait très bien que son successeur en 1938 serait OLLIVE, et bien qu’il l’ai jamais eu sous ses ordres, ait appelé a le noter malgré tout en août 1937 et décide de lui « fait payer » le raté de DARLAN en reprenant globalement les notes précédentes avec toutefois en finale ; « les qualités de marin de l’Amiral OLLIVE ne sont pas aussi brillantes » et de rajouter après sa signature « mon opinion très ferme est que l’Amiral OLLIVE n’est pas doué pour commander à la mer » ! Ce genre de réaction épidermique est courant dans les Armées et ne porte pas à conséquence.

 

Extrait Ouest-France / 24 mars 1938

 

 

Extrait Ouest-France / 12 novembre 1938

 

Par la suite, en 1942, mon grand-père employa le même moyen envers un Vice-amiral connu pour ses relations avec DARLAN en le notant ainsi : « détesté par ses supérieurs, fui par ses condisciple, haï par ses subordonnés »… Quel humour ! D’ailleurs DARLAN n’en tient pas compte en confiant à mon grand-père l’Escadre de la Méditerranée, notre plus importante force maritime, par décret présidentiel du 21 mars 1938. Nouveau problème dû à une gaminerie de DARLAN. Toujours Vice-amiral (il n’y avait pas de grade plus élevé à l’époque) mais avec rang d’Amiral de la Flotte, il veut plus. En adjoignant des forces éparpillées aux deux Escadres traditionnelles, elles deviennent des Flottes et un Amiral de la Flotte qui commande deux Flottes ne peut être qu’un Amiral de France ! Comme ABRIAL est plus ancien qu’OLLIVE, il reprend le commandement de la Flotte et OLLIVE prend temporairement la Préfecture Maritime de Toulon. Mais un temporaire qui dure et qui ne plait surtout pas à mon grand-père qui ne se gêne pour le faire savoir. En définitive, le Ministre ne marche pas dans la combine de DARLAN qui reste, si je puis dire, simple Amiral de la Flotte. Voyant cela, retour des chose, ABRIAL reprend sa Préfecture, mon grand-père la Flotte jusqu’à son départ à Casablanca fin 1939.

Cette période de commandement est marquée par les préparatifs de la guerre, la formation des équipages par des manœuvre constantes. Et c’est surtout les discussions interalliées, en particulier avec le Commandant en Chef de la Flotte anglaise de la Méditerranée, Sir Andrew CUNNINGHAM, qui aboutirent aux accords signés par les deux amiraux en juillet 1939 par lequel les deux pays se partagent la Méditerranée. Dans ses Mémoires, Andrew CUNNINGHAM a écrit « the french Commander in Chief, Admiral OLLIVE arrived at MALTA (27 juillet 1938)… in battleship PROVENCE escorted by four destroyers which necessitated the usual spate of calls, receptions, luncheon parties and dinners….. Admiral OLLIVE, blessed with a large moustache and a grat sense of humour, was very much likes by us all”. Il faut dire qu’il y avait eu un incident comique au cours du dîner d’adieu au siège de l’amirauté, vieux bâtiment aux sièges vermoulus au point que Madame CUNNINGHAM se retrouva les quatre fers en l’air. On vérifia bien entendu les autres sièges et on s’aperçut que celui de mon grand-père était déjà à moitié cassé … Tout le monde prit le parti d’en rire plutôt que de créer un incident diplomatique !

 

Extrait Ouest-France / 2 juillet 1939

 

Remerciements Lance THOMAS

 

Le 21 novembre 1939, DARLAN écrit au Gal NOGUES, Résident Général au Maroc, C.E.C. des Forces Armées en Afrique du Nord : « Mon cher Général et Ami, La guerre maritime dans l’Atlantique prenant de plus en plus d’importance, je viens d’être obligé d’articuler d’une façon nouvelle mon haut commandement. Le poste de Commandant en Chef dans l’Atlantique SUD vient d’être créé. La résidence de ce C.E.C qui porte le nom d’Amiral AFRIQUE, est normalement Casablanca et, éventuellement, Dakar. Il a sous ses ordres les forces mobiles mises par moi à disposition et les Commandants de la Marine au Maroc, AOF et AEF. Bien entendu, pour tout ce qui concerna la défense du littoral, les commandants de la Marine continuent à dépendre directement du Résident Général et des Gouverneurs Généraux. L’Amiral Afrique n’a à s’occuper que des opérations en haute mer. Le titulaire du poste « Amiral Afrique » est le Vice-amiral d’Escadre OLLIVE qui commande actuellement la Flotte de la Méditerranée. » La zone d’action est vaste puisqu’elle est limitée au Nord par le Cap St Vincent (Sud du Portugal) et au Sud, par Freetown. Il passe un accord avec son ami NORTH, qui commande à Gibraltar, par lequel chaque Marine a une zone d’action. C’est le temps des convois de renfort en troupes de l’Empire, la recherche des sous-marins, le départ et l’escorte de l’or de la banque de France vers Dakar etc. Devant les menaces espagnoles - en fait, on sait aujourd’hui qu’elles étaient vaines- une grande partie de l’intendance de Gibraltar est transporté à Casablanca et elle ne sera en définitive déménagée complètement que fin juillet ce que de nombreux historiens ignorent ou préfèrent ignorer...

 

Extrait Ouest-France / 9 mars 1940

 

Le jour de l’agression de Mers El Kébir, le 3 juillet 1940, OLLIVE écrit à DARLAN pour se plaindre de NOGUES qui vient de lui refuser les forces pour attaquer les Anglais, non à Gibraltar où commande son ami NORTH qui a refusé de prendre la commandement de cette agression, mais les forces encore en mer de SOMMERVILLE qui a accepté la mission. Nouvelle lettre à DARLAN le 12 juillet pour lui dire qu’il s’oppose à son projet d’attaquer FREETOWN le 15 juillet. Il considère que l’attaque des forces anglaise le jour même ou le lendemain aurait été considérée par le monde entier comme « normale » mais qu’une attaque 15 jours après de forces n’ayant pas été dans le coup, serait considérée comme une vengeance pouvant irrémédiablement compromettre nos relation avec les anglais. Après l‘Armistice, comme la Marine n’a pas démérité, DARLAN case ses amiraux : ABRIAL est nommé Gouverneur de l’Algérie, FERNET, autre camarade de promo, Secrétaire Général du Gouvernement, ESTEVA, Résident en TUNISIE. Même le Préfet de Police de Paris est un amiral ! Mon grand-père refuse tout poste « civil à connotation politique ». C’est un marin et tient à le rester !

Par décision signée le 1er août 1940 par le Mal PETAIN, mon grand-père est nommé Commandant en Chef des Forces Maritimes du Sud, avec Q.G. à Alger où il restera jusqu’à son retour à Toulon le 17 octobre 1942, 20 jours exactement avant le débarquement américain.

A Alger, il retrouve son ennemi intime, ABRIAL, mais surtout WEYGAND, nommé Délégué Général du Gouvernement avec pleins pouvoirs civils et militaires en AFRIQUE, sauf sur la Marine bien entendu, chasse gardée de DARLAN ! Les relations entre ABRIAL et WEYGAND sont très mauvaises d’autant plus que DARLAN avait réussi à coller à la Délégation Générale le Vice-Amiral FENARD totalement inféodé à lui qui se charge de brouiller les deux hommes…ABRIAL sera obligé de partir quelques mois après ! En revanche, entre WEYGAND et mon grand-père, l’entente était parfaite et le restera après la guerre. On connaît parfaitement l’action menée par WEYGAND en Afrique, la préparation secrète des magnifiques troupes qui permirent par la suite à notre pays de retrouver son rang. On connaît aussi ses relations avec Robert MURPHY, délégué personnel de Roosevelt, la douzaine de vice-consuls chargés en principe de surveiller l’aide économique accordée à l’Afrique du Nord.

On ne connaît pas encore les relations exactes entre les Américains et mon grand-père. Dans ses mémoires, un vice-consul dit qu’il aurait été contacté et qu’il aurait accepté de prendre le commandement des troupes françaises si Giraud avait refusé. J’en doute un peu mais il est certain que plus tard en 1944, après avoir pris la ville de Privas, les troupes américaines se sont empressées de mettre un cordon de sécurité autour de la maison où mon grand-père s’était réfugié. De plus ayant eu l’occasion de servir de porte-serviette à Michel DEBRE, à l’époque à Alger, sachant qu’il avait connu mon grand-père et surtout qu’il était au mieux avec mon plus jeune oncle, François OLLIVE, son collègue du Conseil d’Etat, j’avais posé la question « pourquoi mon grand-père a t’il était le seul amiral a ne pas avoir de problème à la Libération ». Réponse « les Américains s’y seraient opposés » , mais impossible d’en savoir plus. DARLAN savait-il ce qui allait se passer en Afrique du Nord ? Certainement par FENARD, surtout par son fils qui avait des contacts directs avec MURPHY, probablement par mon grand-père quand ils se voyaient. Devant ce qui se tramait, DARLAN prend ses dispositions : il fait nommé Chef de l’Armée d’Armistice, le Gal REVERS, artilleur connu depuis 1914/18, il fait rentrer de LATTRE de Tunisie et lui donne le Commandement de la région considérée comme stratégique, le Languedoc-Roussillon,. Coté MARINE, il décide de supprimer le poste d’Amiral Sud et son remplacement à Alger et Casablanca par deux amiraux « à lui ». Il décide de remplacer l’Amiral Comte Jean de Laborde, son « ennemi intime » qui commande à Toulon les seuls navires qui nous restent, par un jeune Vice-amiral de 52 ans, GOUTON, en qui il a pleine confiance.

 

Extrait Ouest-France / 2 décembre 1940

 

Quant à mon grand-père, il deviendra Inspecteur Général des Forces Maritimes, poste en général honorifique mais qui dans la période de crise prévisible, doit prendre de l’importance. Contrairement à ce que pensaient les Officiers Généraux plus ou moins dans le coup, les Américains débarquent dans la nuit du 7 novembre 1942 alors qu’ils étaient espérés au mieux au printemps 1943 aussi bien dans les trois pays d’AFN que dans le Languedoc-Roussillon.

On sait aussi que le jour du débarquement, DARLAN se trouvait à Alger au chevet de son fils Alain mourant, ses accords avec les Américains, son assassinat le jour de Noël. On sait aussi que ce débarquement se traduisit par l’envahissement par les Allemands de la zone Sud, puis de Toulon, le sabordage de notre magnifique flotte, etc.

 

Fête nautique au centre Siroco

Source Web

 

Quant à mon grand-père, rentré d’Alger le 17 octobre 1942, en congé pour deux mois et installé momentanément chez mes parents, il put avoir, après le sabordage, un véhicule officiel qui nous emmena mon grand-père, ma grand-mère, ma sœur aînée et moi-même, à Privas où nous sommes restés jusqu’à la fin de la guerre.

Comme il n’y avait plus de Marine, mon grand-père ne rejoignit pas l’Inspection et prit sa retraite en janvier 1943.

Revenus à Toulon, mes grands-parents louèrent une villa à coté de chez nous, à Tamaris, près de La Seyne. J’ai bien connu mon grand-père mais c’est tout relatif car je n’avais que onze ans quand il est mort brutalement le 1er juin 1950.

 

 

La Liberté / 3 juin 1950

 

Il était un grand-père rêvé, bon et très attentif à ses petits-enfants. Je me souviens surtout de ces histoires de la vieille marine et sur les corsaires nantais. J’avais le droit de jouer avec ses nombreuses maquettes de bateaux à voile. Un jour, il m’a même appris à me servir d’un sextant. Mais c’était aussi un homme assez secret car il ne parla jamais de politique et de sa carrière ni à ma mère ni à ses quatre fils.

 

Sources : archives familiales et personnelles, dossiers de plusieurs Amiraux au S.H.M.de Vincennes, biographies DARLAN, en particulier celle de M.COUTEAU-BECARIE & C.V. HUAN.

 

Dossier / Téléchargement PDF

 

 

 

 

Remerciements Bernard Dulou

Photos / Alain Cloarec / Association "Aux Marins"

Remerciements Stéphane Giran

Remerciements à Gilles Jogerst / Généamar pour ses recherches et la mise à disposition de ses données

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Forum-Pages-d-Histoire-aviation-marine/marine-1914-1918/liste_sujet-1.htm

 

 

 

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