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- Officiers et anciens élèves -

 


Henri Thomas Marie Le SORT

(1874 - 19..)

 

 

Né le 10 mars 1874 à COUTANCES (Manche) - Décédé.

 
Entre dans la Marine en 1892

Aspirant le 5 octobre 1895; port CHERBOURG.

Au 1er janvier 1896, sur le frégate "MELPOMÈNE", École des Gabiers (Cdt Pierre DANIEL).

Au 1er janvier 1897, sur le croiseur "ÉCLAIREUR", Division navale d'Extrême-Orient (Cdt Louis TEXIER).

Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1897.

Au 1er janvier 1899, sur le cuirassé "AMIRAL-DUPERRÉ", Escadre du Nord (Cdt Frédéric PISSÈRE).

Au 1er janvier 1900, port CHERBOURG.

Au 1er janvier 1901, Officier-Élève à l'École des Officiers Torpilleurs à TOULON.

Officier breveté Torpilleur.

Aux 1er janvier 1902, 1903, sur le cuirassé "MAGENTA", École des marins torpilleurs, Adjoint au professeur des apprentis-torpilleurs (Cdt Joseph MALLET).

Au 1er janvier 1904, sur le cuirassé "SAINT-LOUIS", Escadre de Méditerranée (Cdt Jules NÉNY).

Lieutenant de vaisseau le 19 juillet 1905.

Au 1er janvier 1906, sur le croiseur cuirassé "JULES-FERRY", en essais à CHERBOURG (Cdt Louis DUFAURE de LAJARTE).

Le 7 avril 1906, en service à la Défense fixe de TOULON. Idem au 1er janvier 1908.

Au 1er janvier 1909, sur le croiseur "DUGUAY-TROUIN", École d'application des Aspirants (Cdt Jules KÉRAUDREN).

Chevalier de la Légion d'Honneur.

Au 1er janvier 1911, sur le cuirassé "LÉON-GAMBETTA", 1ère Escadre (Cdt Louis La PORTE).

 

Illustration - 24 mai 1913

"Avec l'aimable autorisation des Éditions Marius Bar - Toulon"

© Photo Marius Bar    http://www.mariusbar-photo.com

 

Officier breveté de l'École Supérieure de la Marine, promotion 1912.

Au 1er janvier 1914, sur le cuirassé "PATRIE", 2ème Escadre, 1ère Armée navale (Cdt Laurent MARIN-DARBEL).

De mars 1915 à mars 1916, Commandant le torpilleur "BISSON", il est cité à deux reprises à l'ordre de l'Armée navale; " Commandant le BISSON. Officier de tout premier ordre, a dirigé avec succès l'opération de destruction d'un câble télégraphique et de la station de ravitaillement de sous-marins et d'aéroplanes de Lagosta le 11 juillet 1915, montrant beaucoup d'énergie et de sang-froid pour terminer son œuvre sous le feu de l'ennemi." --- " A effectué la destruction d'un sous-marin ennemi, le 13 août 1915, grâce aux dispositions qu'il a ordonnées, ainsi qu'à l'esprit de décision et d'à propos dont il a fait preuve.".

 

 

 

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13 Août 1915 le contre-torpilleur BISSON vient de s'amarrer dans le port de Brindisi après avoir coulé le sous-marin autrichien U 3. L'amiral italien Milo, commandant les flottilles, monte à bord pour féliciter le lieutenant de vaisseau Le Sort.

 


 

 

Capitaine de frégate le 8 décembre 1915.

De décembre 1916 à 1918, Commandant le torpilleur "COMMANDANT-RIVIÈRE", il est à nouveau cité à l'ordre de l'Armée navale en janvier 1917 : " A manœuvré avec autant de jugement et de décision que de bravoure pour secourir son chef de groupe qui chargeait l'ennemi et prendre part au combat.".

 

 

 

 

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Rapport du Capitaine de Frégate LE SORT, commandant le COMMANDANT RIVIERE et la 6ème Escadrille de torpilleurs d’Escadre, au Capitaine de Frégate, commandant supérieur.
 

 Combat de nuit du 22 au 23 décembre 1916 dans l’Adriatique


J’ai l’honneur de vous rendre compte des circonstances dans lesquelles le COMMANDANT RIVIERE a pris part à l’engagement du 22 décembre avec des torpilleurs autrichiens.

Deux torpilleurs de la 1ère Escadrille et 4 torpilleurs de la 6ème Escadrille avaient appareillé de Brindisi à 16 heures le 22 décembre pour se rendre à Tarente. A la sortie des barrages, ces torpilleurs, d’après les ordres donnés à l’avance par le chef de groupe, s’étaient rangés en ligne de file dans l’ordre suivant :
1ère Escadrille : CASQUE, portant le guidon du Capitaine de Frégate de BOISANGER, commandant la 1ère Escadrille et chef de groupe ;
PROTET

6ème Escadrille : COMMANDANT RIVIERE, portant mon guidon
COMMANDANT BORY
DEHORTER
BOUTEFEU

Temps superbe. Brise très faible. Mer calme. Visibilité bonne.

A 21h30, j’aperçus droit devant, sous l’horizon, les lueurs très vives d’une intense canonnade. Aucun bruit n’était encore perçu. Il était évident, d’après note position, que cette canonnade avait lieu dans la zone des drifters. Ma première pensée fut que des drifters avaient surpris un sous-marin ennemi ; je fis rappeler aussitôt aux postes d’alerte contre les sous-marins.

Mais bientôt, la durée prolongée de cette canonnade me mit l’esprit en éveil, un sous-marin ne restant jamais exposé aussi longtemps, sans plonger, à un feu aussi nourri. Au bout de 2 ou 3 minutes environ, les lueurs cessèrent. Je pensai alors qu’il s’agissait bien d’un sous-marin et que les drifters avaient continué à tirer sur l’endroit où il avait disparu.

Mais, après un très court instant, le feu reprit avec plus d’intensité que jamais. Je n’eus plus aucun doute : les drifters étaient attaqués par des torpilleurs ennemis. Je fis faire aussitôt le branle-bas et rappeler aux postes de combat.

Connaissant le caractère du Commandant de BOISANGER, j’étais très sûr qu’il allait sans retard prendre la vitesse maximum. Je serrai donc le PROTET à moins de 200 m. avec l’intention de m’attacher à tenir mon poste le plus exactement possible. La visibilité n’était pas suffisante pour que je puisse distinguer la coque du CASQUE. Au bout de quelques instants, je m’étonnai que la vitesse n’ait pas été augmentée dans la proportion que j’attendais ; je déboîtai légèrement sur la gauche pour tâcher d’apercevoir le CASQUE. Je m’aperçus alors que le CASQUE avait allumé sa ratière et que ce feu blanc paraissait déjà très éloigné, presque sur le point de disparaître.

Me rappelant à ce moment que le PROTET n’avait allumé que deux chaudières, je compris immédiatement ce qui se passait : le CASQUE, ainsi que je l’avais prévu, avait augmenté de vitesse dès le début de la canonnade et le PROTET se trouvait dans l’impossibilité de le suivre.

Sans hésiter, je commandai aux machines 580 tours (27 nœuds) puis, « le plus vite possible », je déboîtai franchement sur la gauche pour dépasser le PROTET et je fis faire des éclats blancs brefs à la ratière pour prévenir la ligne que j’augmentais de vitesse. Mes machines obéirent très rapidement aux ordres donnés. En quelques instants, je dépassais et perdais de vue le PROTET. Malheureusement, je perdais de vue également les torpilleurs de mon escadrille, lesquels probablement surpris par cette brusque et énorme augmentation de vitesse, n’eurent pas la possibilité de me rattraper. Je ne devais plus les revoir avant le jour.

Malgré cela, je n’hésitai pas à conserver l’allure maximum. Il fallait absolument que je rejoigne le CASQUE avant qu’il ne s’engageât dans la lutte qui, à ce moment, paraissait de plus en plus chaude. Je me rendais compte en effet, par le grand nombre de coups de canon tirés de tous côtés, que les combattants devaient être nombreux et j’avais la notion que si le CASQUE pénétrait dans la mêlée sans que j’aie pu le rejoindre, je ne pourrais plus le retrouver. J’eus la satisfaction de l’atteindre juste au moment où il s’engageait.

Pendant l’action, il y eut deux phases très nettes pour le RIVIERE.

1ère phase

Le CASQUE en arrivant sur le champ de bataille, avait beaucoup diminué de vitesse. Emporté par son erre, malgré un ralentissement considérable, je dus déborder un peu sur sa gauche.

Le champ de bataille me produisit l’impression suivante : devant moi, à petite distance (200 ou 300 m.) dans un secteur de 100 à 120°, une barrière lumineuse, probablement formée par des faisceaux de projecteurs et les lueurs des canons. Dans cette clarté ou au-delà de cette clarté, aucune coque visible ; on voyait seulement plusieurs fanaux blancs très brillants (que je pensai être des fanaux de drifters) et les éclairs éblouissants de la canonnade. Tous ces coups de canon paraissaient dirigés sur nous, mais le tir était extrêmement mal réglé. Pendant cette phase qui me parût assez longue, sans que je puisse en préciser la durée (peut-être 3 minutes ou 4 minutes), aucun obus ne frappa le RIVIERE. On les entendait ou on les voyait (car plusieurs semblaient laisser une traînée lumineuse) passer au-dessus de nos têtes, ou bien au contraire, tomber à la mer dans un tir trop court.

Je cherchais fébrilement un objectif sans pouvoir le trouver, ne distinguant aucune coque de navire dans cette sorte de rideau lumineux que j’avais devant moi.

J’avais l’impression que tout le monde tirait sur nous, aussi bien les drifters que les ennemis, sans qu’il me soit possible de reconnaître les uns des autres. A la fin cependant, voyant sur l’avant du CASQUE un fanal très haut et très brillant au-dessous duquel fulguraient de nombreux éclairs de canon, indubitablement dirigés sur nous, je fis ouvrir le feu dans la direction de ce fanal. Mais le bruit était tellement assourdissant que j’eus les plus grandes difficultés à faire parvenir mon ordre à la pièce de 10AV (pourtant très proche de la passerelle) et à lui désigner l’objectif. Pendant cette phase, le CASQUE et, à son imitation, le RIVIERE, venaient lentement sur la gauche.

2ème phase

A un moment donné, alors que nous avions à peu près le cap au N.E., en regardant par hasard du côté de bâbord, j’aperçus deux énormes nuages de fumée, produits évidemment par les bâtiments en fuite vers le Nord. C’était l’objectif cherché. Le CASQUE, lui aussi, les avait aperçus, car je le vis aussitôt venir sur la gauche et augmenter de vitesse. Je l’imitai.

A cet instant, j’entendis sur mon arrière de nombreux coups de canon tirés de très près. Je me retournai et je vis alors à 45° sur l’arrière du travers, une coque indistincte mais très rapprochée (100 m. au maximum) qui portait dans sa mâture 2 feux bleus très atténués, et qui nous canonnait à bout portant. En même temps, on me cria de l’arrière : « Une torpille ! ». Les gens de l’arrière avaient vu la torpille tomber à l’eau ainsi que l’inflammation de la gargousse de lancement. Personnellement, je ne vis pas le lancement, mais j’eus la chance de voir nettement le sillage à son début (peut-être cette torpille a-t-elle eu un affleurement). J’ordonnai immédiatement « à gauche toute », et comme je venais précisément d’augmenter de vitesse à l’imitation du CASQUE, le bâtiment obéit à sa barre instantanément et vint se ranger parallèlement à la trajectoire de la torpille qui nous manqua.

Mais, pendant ce temps, le tir de l’ennemi nous causait du mal. Il dura très peu de temps, peut-être 20 secondes.

Le RIVIERE reçut quatre obus.
- un du calibre de 10 cm. environ, dans la cheminée AR, qui explosa en criblant d’éclats le pont et les manches à vent, et coupant les garants de la baleinière.
- un du calibre de 10 qui traversa la drome, puis une grande caisse en tôle pleine de charbon, la cloison du rouf de la chaufferie avant et qui creva le coffre à vapeur de la chaudière 2.
- un du calibre de 75 environ qui explosa dans le voisinage du télémètre, broyant le télémétriste, perforant le télémètre en plusieurs endroits, coupant tous les étais de bâbord, les rambardes de la plate-forme, etc. Un gros éclat atteignit sur le gaillard un des servants du 10 AV qui fut tué net. Plus de 50 petits éclats traversèrent le toit (en bois et toile peinte) de la passerelle, sans blesser personne ; ces éclats étaient heureusement dirigés vers l’avant.
- un du calibre de 75 qui traversa, sans exploser, le compas AR.

J’avais ordonné bien entendu, dès le début, d’ouvrir le feu. Je ne crois pas que mon ordre, dans le vacarme assourdissant où nous nous trouvions (en plus de la canonnade, il y avait le bruit de la vapeur fusant de la chaudière 2 par le trou du coffre) ait été entendu de la section AR, la seule pouvant tirer. Mais le chef de cette section, Monsieur l’Enseigne de Vaisseau PLANTE, prit l’initiative voulue. La pièce de 10 AR. n’eut que le temps de tirer deux coups, mais il est certain que ces deux coups, tirés comme ceux de l’adversaire, à bout portant, ont atteint le but. Tout le personnel de l’arrière vit les explosions de nos projectiles.

L’ennemi, auquel je montrais l’arrière par suite de ma manœuvre pour éviter la torpille, fit une manœuvre identique après avoir reçu mes deux coups de dix cm. et disparut dans la nuit. Notre combat singulier n’avait pas duré plus de 20 secondes.

Le RIVIERE, perdant toute sa vapeur par la blessure de la chaudière 2 perdit également toute sa vitesse qui tomba à 4 ou 5 nœuds. Le CASQUE n’était plus visible. Je vins alors sur la gauche pour m’éloigner du champ de bataille, et en particulier des drifters que je jugeais dangereux.

Quand, après avoir bouché l’ouverture de la cheminée AR. et isclé la chaudière 2, Le RIVIERE fut en mesure de reprendre une vitesse raisonnable (17 nœuds au maximum), l’ennemi était trop loin pour que je puisse entreprendre de le poursuivre. J’avais d’ailleurs des renseignements sur sa vitesse et sa position par les télégrammes du CASQUE.

Je mis en route vers le Nord en veillant avec soin tous bâtiments pour éviter une méprise.

A l’heure du matin, je recevais l’ordre du CASQUE de me diriger sur Brindisi, et je réglai ma route en conséquence…

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Officier de la Légion d'Honneur.

Croix de Guerre.

Capitaine de vaisseau le 25 mars 1919.

Au 1er janvier 1921, Secrétaire du Conseil supérieur de la Marine, Membre du Comité technique de la Marine, Membre de la Commission permanente de contrôle et de révision du règlement d'armement.

Versé dans le cadre de réserve le 1er novembre 1922; port CHERBOURG.

Commandeur de la Légion d'Honneur.

 

 

Source Twitter / 13 août 2019

 

 

Remerciements Bernard Dulou

Remerciements à Gilles Jogerst / Généamar pour ses recherches et la mise à disposition de ses données

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