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- Aumônier -

 

 

Pierre Cariou
 
(1910 - 2009)

 

 

 

Né le 5 mai 1910 à Plogonnec au lieu-dit Treunot

Fils de Yves René, cultivateur , âgé de 37 ans et de Marie Jeanne KERBOURCH, ménagère , âgée de 33 ans.

Prêtre, aumônier, résistant, déporté, officier de la légion d'honneur

 

 

Aumônier à l’Ecole navale en 1955, 1956, puis sur la Jeanne d’Arc en 1957 (cdt  CV Dartigues).


Complément

Gouesnac'h, le 11 avril 2006. Au seuil d'une maison située dans le hameau de Lesquidic, l'abbé Pierre Cariou ouvre sa porte. Ses deux mains serrent la vôtre dans un geste à la fois chaleureux et fraternel. "Entrez, entrez !" Revêtu d'un pull blanc, l'homme est menu et avance à petits pas. De ses yeux d'un bleu outre-mer percent quelques éclats d'amusement auxquels se mêle une indéfinissable profondeur.

Puis il se met à parler, Pierre Cariou, s'excusant par avance des infidélités de sa mémoire. Et de quoi parle-t-il, cet humble vieillard ? De ses divers ministères : à Douarnenez, à Penmarc'h, au Relecq-Kerhuon, dans les diocèses de Basse-Terre (Guadeloupe), de Nice, au Zaïre, mais aussi à l'École navale et à bord de la "Jeanne". Il évoque aussi bien New-York que Saïgon, les îles du Pacifique que Plogonnec, cette ville où il est né, un jour de 1910.

De la vocation à la "croix"

"'Devenir prêtre ?' Cela s'est fait naturellement. Je n'ai pas entendu de voix, je n'ai pas été marqué par un sermon particulier. J'ai seulement ressenti dans mon enfance un appel intérieur, indéfinissable. Certainement ai-je été marqué par mes professeurs de l'école Saint-Charles, en particulier par l'abbé Le Gall, un ancien aumônier de la guerre 14. Il était bardé de décorations."

Petit séminaire à Pont-Croix, grand séminaire à Quimper, et voilà Pierre Cariou ordonné prêtre en 1936. Il devient très vite vicaire à Douarnenez. "Dans cette ville, je m'occupais du patronage, la Stella Maris", déclare-t-il l'œil brillant. La Stella Maris ! Le prêtre s'en occupera durant près de quatorze années, y compris pendant la guerre. Ces années, il les a racontées dans un livre où il évoque la vie politique de cette époque, les premières opérations de résistance, son engagement au sein de l'Ora (Organisation de résistance de l'armée).

En 1944, se sentant menacé, il fait part à Mgr Duparc de son désir de rejoindre la France Libre. La réponse de l'évêque est sans équivoque : "Restez à votre poste ! Nous vous le demandons au nom de votre engagement du sous-diaconat." Pierre Cariou obéit au prélat, remettant son destin... entre ses mains. Mais ce qui devait arriver arriva : dénoncé, l'abbé Cariou est arrêté le 26 avril 1944. L'enfer commence alors.

D'interrogatoires en séances de torture, il sera déporté : à Neuengamme, puis à Dachau, dans le camp où le pape Pie XII avait réussi à négocier que les prêtres déportés soient réunis. "Là-bas, c'était l'enfer. Les nazis n'avaient pas besoin de nous exécuter : l'environnement était si malsain, la nourriture si inconsistante que la tuberculose et la dysenterie se chargeaient d'emporter les prisonniers. Pour ma part, c'est la foi qui m'a permis de survivre... et la carcasse solide que mes parents m'ont transmise."

"J'ai pardonné"

Il pesait 39 kg lorsqu'il revint au pays. "Je ne regrette rien, ne ressens aucune amertume. J'ai pardonné au Français qui m'a dénoncé, à mes bourreaux. Je n'en veux pas non plus à Mgr Duparc. Je n'ai fait que lui obéir, même si je ne lui ai pas demandé d'autorisation pour entrer dans la résistance (sourire malicieux). Être déporté m'a permis d'exercer mon sacerdoce, là où j'étais. J'ai accompagné de nombreux mourants. Et puis il y a eu ces rencontres, avec Edmond Michelet, avec Mgr Piguet (évêque déporté de Clermont-Ferrand) et tant de prêtres admirables."

À présent, Pierre Cariou vit au milieu de ses livres (lui-même en a écrit huit). "Si ce n'est mon très attendu repas hebdomadaire avec mes confrères du secteur, ma vie, aujourd'hui, c'est mon bréviaire, mon journal, la lecture. Par la prière, je fais le tour du monde... et j'accueille chaque matin comme un don du ciel... Un jour, j'ai dit à mon évêque 'Ma vie, je la remets entre vos mains', mais chaque jour, à travers la célébration de la messe, je la remets encore et toujours, cette vie... entre les mains de Dieu."

Hervé Bodin
Extrait de la revue diocésaine Église en Finistère

 

Remerciements JLG

Remerciements Jean René Seznec


 

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